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Le métier d’ethnologue reste méconnu du grand public. En quoi consistait votre travail ?

À chaque fois que je suis allé sur le terrain, cétait en réponse à une demande émanant dune communautéJai travaillé avec les Inuits parce quils avaient besoin daide pour construire un projet qui leur permettrait de gagner de largent en dehors de la vente de peaux. Cétait une importante source de revenus pour eux, seulement un décret européen venait de linterdire, sans proposer dalternatives. Si je me demande toujours ce quil va rester de ces sociétés dans un monde où tout fout le camp, je mintéresse surtout à la façon dont elles sadaptent. Sinon je serai devenu archéologue ou historien.

 

Dans le second volet des Âmes offenséesLes Soussous de Guinée, vous épinglez le fantasme d’une « humanité rêvée » projetée sur ces communautés. Comment vous prémunissez-vous de cet écueil ?

Quand on partage le quotidien d’une communauté pendant des mois, voire des années, il est difficile de les voir comme des fossiles vivants. J’ai vu les Hadza de Tanzanie exécuter des danses traditionnelles pour les quelques touristes qui débarquaient en 4x4, cacher leurs ustensiles en métal ou en plastique avant l’arrivée de ces derniers. Le soir même, ils écoutaient des chansons du rappeur Diamond Platnumz sur leurs téléphones. Ces chasseurs-cueilleurs, les derniers d’Afrique de l’Ouest, sont très au fait de ce qui se passe dans la société moderne, ne serait-ce parce qu’elle existe aussi en Tanzanie. Mais ils préfèrent vivre sur le modèle de leurs ancêtres. Mon rôle consiste alors à faire entendre que nos logiques, nos valeurs et nos représentations ne sont ni partagées ni souhaitées par tous. Celles qui existent dans d’autres communautés valent autant que les nôtres, et méritent au même titre d’être comprises. 

 

Sur scène, vous interprétez votre propre rôle et le texte est directement tiré de vos carnets de terrain. Pourquoi avez-vous fait le choix de cette adresse subjective ?

Les ethnologues, comme les artistes, sont pour moi des passeurs : ils ont un rôle à jouer pour rendre compte de la complexité du monde. Mais en tant qu’enseignant et chercheur, je n’avais de cesse de me demander si les formes de restitution employées étaient les bonnes. Malgré la projection de photographies, la dimension sensible me manquait souvent dans les colloques. Le théâtre permet d’entrer en contact avec le public par l’émotion. Mes carnets me semblaient ainsi être le meilleur moyen de donner accès aux expériences très particulières et aux états d’âmes de l’ethnologue en mission, tout en conservant une dimension scientifique.

 

Propos recueillis par Agnès Dopff

 

> Les Âmes offensées #4 - Les Hadza Cueilleurs d’eau : la pièce de Macha Makeïeff, du 8 au 12 mars ; l’exposition photographique de Philippe Geslin, jusqu’au 26 mars, au Théâtre de La Criée, Marseille