Un entretien extrait du numéro 130 de Mouvement
La Parabole du Seum investit la spiritualité comme un espace de résistance à l’effondrement de nos sociétés modernes. Vous avez grandi dans le syncrétisme martiniquais. Aujourd’hui, en quoi croyez-vous ?
J’ai longtemps regardé avec méfiance ce mélange de religion, d’astrologie, de superstition et d’occulte qui régnait à la maison. Ma mère appelait mes potes par leur signe astrologique, elle fréquentait des voyantes. Je me rappelle qu’elles m’annonçaient déjà mon futur, j’avais à peine 14 ans : « Tu vas voyager, tu parleras beaucoup de langues. » Je trouvais cela insupportable, je ne voulais pas que l’on me gâche la surprise. Il y avait aussi plein d’interdictions, ma mère me disait par exemple : « Ne prê

