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Y a-t-il plus symbolique du temps de la Rome antique que les combats en arènes ? Les gladiateurs y étaient jugés par la foule et les empereurs pour leurs prouesses physiques et leur capacité à verser du sang. Si cette époque paraît lointaine, qu’est devenu notre voyeurisme ? Où est passée notre cruauté ? Quid de ce désir de voir les corps souffrir sur scène ? Jan Martens resuscite tous ces plaisirs troubles dans un reboot de la pièce qui l’a distingué sur la scène européenne, THE DOG DAYS ARE OVER, cette fois-ci revisitée dans une version « 2.0 » – s’entend, avec un casting renouvelé.

 

En fond de scène, huit performeurs s’étirent pendant que la salle se remplit. Du coin de l’œil, ils surveillent leurs futures armes : des paires de chaussettes et des chaussures de sport alignées au milieu du plateau. Ils s’équipent puis se mettent à sauter : le marathon peut commencer. Sur place d’abord puis selon une trajectoire précise et géométrique recouvrant tout l’espace. Les jambes bondissent tandis que le haut du corps alterne entre routine sportive, gestes chorégraphiés et mouvements de self-défense. Impossible de se détourner de ces corps qui s'épuisent, de ces joues roses, de ces vêtements tachés de sueur. La lumière crue intime au spectateur de rester concentré, conscient de son regard voyeur. 

 

Puis le noir gagne la salle. Une musique électro résonne et quelques spots éclairent faiblement les danseurs toujours bondissants. La lumière coule sur leur corps et notre regard sur ceux-ci change. C’est ainsi que Jan Martens se joue de nos émotions sur commande, déclenchées par un simple twist dans l’éclairage et le son. Pas besoin de plus pour que notre fascination et notre compassion cède la place à la contemplation pure. Alternant entre ces séquences magnifiées par des effets de scène et d’autres totalement dépouillées, le chorégraphe provoque ainsi un dialogue sur notre rapport au spectaculaire. Ce qui nous choque un instant, nous séduit celui d’après. Et ce sont là les deux faces d’une même pièce. Dans l’arène romaine, la douleur des performeurs faisait partie du spectacle. Aujourd’hui, celle-ci a été reléguée dans les coulisses, en répétition. Cet effet, cette mise à l’épreuve, THE DOG DAYS ARE OVER 2.0 les remet au-devant de la scène, nous posant un cas de conscience : sommes-nous, spectateurs, des gloutons de souffrance humaine ?




THE DOG DAYS ARE OVER 2.0 de Jan Martens a été présenté du 17 au 19 septembre dans le cadre de la Biennale de de la Danse au Théâtre des Célestins, Lyon

 


⇢ les 20 et 21 novembre à la Comédie de Valence

⇢ du 25 au 27 novembre à la Comédie de Clermont-Ferrand

⇢ le 2 décembre aux Salins, Martigues

⇢ les 13 décembre au Tandem, Douai

⇢ les 3 et 4 février 2026 à Viernulvier, Gand (Belgique)

⇢ les 11 et 12 février programmé par le KLAP au ZEF, Marseille

⇢ les 24 et 25 mars à la Manufacture, Bordeaux

⇢ les 24 et 25 avril au De Singel, Anvers (Belgique)

⇢ du 5 au 7 mai au Stuk, Louvain (Belgique)


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