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Après le 7-Octobre, la gauche juive antisioniste a subi toutes sortes d’humiliations et de mises à l’écart. À New York, plus grande ville juive du monde, celle-ci s’est réorganisée autour de nouvelles institutions : des lieux de culte autogérés, des bases arrière militantes, des revues populaires, du théâtre yiddish. Profondément impliquée dans la campagne victorieuse du maire Mamdani, cette jeunesse redécouvre des formes de judaïsme libérées du sionisme, à rebours de son éducation et au prix de conflits générationnels qui marqueront l’époque. Plongée dans un chaudron qui frémit.



Un reportage extrait du numéro 131 de Mouvement


 

« Depuis la prise de fonction de Zohran Mamdani, on a eu un double arc-en-ciel au-dessus de Manhattan, un dauphin dans le fleuve Hudson, la victoire des Knicks au basket et puis la primaire démocrate d’hier soir. New York vit son meilleur moment », assure Rafael Shimunov. La quarantaine et les cheveux mi-longs, il circule entre des tas de livres et des piles de cartons. Son petit appartement du Queens, plantes grimpantes et vue sur jardins, est régulièrement foudroyé par le passage du train qui roule juste sous sa fenêtre, à hauteur de visage. Sur le haut d’une armoire, un keffieh soigneusement replié encadre une affiche satirique en yiddish qui représente Hitler terrorisé par des enfants. Rafael est né dans la minuscule communauté juive dite « de Boukhara », en Ouzbékistan soviétique, dont la tradition liturgique et la spécificité culturell

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