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Cúcuta, métropole colombienne à la frontière du Venezuela, est l’un des épicentres mondiaux du camming. Cette industrie repose largement sur des femmes exilées et précarisées, à qui l’on promet d’être leurs propres patronnes : les hommes ne vous toucheront pas et tout se fera via webcam. La réalité est bien différente. Mouvement s’est infiltré dans les studios, des faubourgs cossus aux installations les plus informelles, et a rencontré des associations de travailleuses du sexe qui s’organisent pour sortir des réseaux.


Un reportage extrait du numéro 130 de Mouvement




« Elle, elle est dans un studio. On le remarque à l’éclairage. La décoration est trop neutre pour qu’il s’agisse d’une vraie chambre à coucher. » Dary désigne une vidéo sur une plateforme de camming érotique. On y voit une femme sur un lit blanc, entre des murs immaculés. « Il y a trois lampes à côté du lit. Personne n’a cela chez lui. » Nous sommes dans la salle de contrôle de Femmes Interdites, le bien nommé studio dont Dary a la gérance. C’est ici, dans des cabines de tournage, que les modèles qui travaillent pour lui se filment en direct. Sur des écrans d’ordinateur autour de lui défilent des visages, des seins nus et des paires de fesses, dans des poses plus ou moins suggestives. Patron à la silhouette svelte, Reinel Robayo, dit Dary, surveille les conversations que ses stream

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