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Nous savons que les corpus universitaires sont noyautés par des hommes blancs. Il faudrait exiger des principaux concernés qu’ils fassent l’archéologie de leur domination. Retourner la charge de la question : à quand des whiteness studies ? C’est ce qu’entreprend l’autrice dans Vivre, libre, exploration exhaustive des zones d’influence de la suprématie blanche.

Un entretien extrait du numéro 129 de Mouvement



Vous parlez de suprématie blanche. Pourquoi ce concept vous semble-t-il plus pertinent que celui de racisme systémique ?

 

La notion de racisme systémique est très utile pour penser les discriminations institutionnelles, mais elle ne remonte pas à la racine philosophique qui les soutient. Le concept de suprématie blanche insiste sur le fait qu’il s’agit d’un régime politique soutenu par une certaine vision du monde, se manifestant par des formes de racisme diverses – systémique, scientifique, quotidien. Cette vision du monde est historiquement constituée : au moment des conquêtes coloniales puis de la traite esclavagiste transatlantique et ensuite du racisme scientifique, se fige l’idée selon laquelle l’Europe est le centre du monde et l’espace de la blanchité, par opposition au reste du globe, terra nullius à conquérir. Avant ce moment, les frontières de

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