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En France, les lois sur le hijab cantonnent les femmes qui le pratiquent à des postes subalternes sur le marché du travail. C’est tout un projet de société qui transparaît derrière ces politiques islamophobes. Dans un essai, la chercheuse Liza Hammar veut poser une perspective queer sur cette « obsession » : sa manière d’exister dans l’espace public n’a rien à voir avec les hommes, ni comme partenaires romantiques ni comme futurs maris. Pour elle, le hijab, c’est « Dieu et moi ».


Un entretien issu du numéro 131 de Mouvement



Les lois réglementant le port du hijab – et les polémiques récurrentes dans le débat public à son sujet – sont une des manifestations les plus ostensibles de l’islamophobie en France. En quoi participent-elles d’une exclusion très concrète des femmes portant le hijab ?

 

L’expérience des femmes pratiquant le hijab dans des contextes islamophobes est souvent abordée par le prisme des textes législatifs et des discriminations. Cette approche est nécessaire, mais il m’importait de partir des effets : que font ces lois à nos corps et nos vies ? Cette perspective matérialiste permet de revenir à la racine du problème : les objectifs politiques et économiques derrière ces législations. Dans ses travaux sur le fémonationalisme, la sociologue Sara R. Farris démontre que l’

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