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La concentration du secteur de l’édition menace la qualité de la production littéraire et l’équilibre de la chaîne du livre : les grands groupes font la loi chez l’imprimeur comme chez le libraire. Pourtant, l’édition indépendante n’a jamais été aussi dynamique. C’est un archipel de petites structures hermétiques, débrouillardes par défaut, défricheuses dans les formes, précaires la plupart du temps. Depuis deux ans, cet écosystème se fédère autour d’objets éditoriaux dont Déborder Bolloré, le dernier bébé. Bilan d’étape à l’aube du mercato.


Une analyse extraite du numéro 130 de Mouvement



« Il faut être extrêmement prétentieux pour penser que l’importance de son livre fait oublier les conditions matérielles de sa production. En l’occurrence, des figures de la gauche radicale dont les livres génèrent parfois des millions d’euros de chiffre d’affaires décident de mettre cet argent-là et cette renommée-là au service d’un groupe qui va financer la campagne d’Éric Zemmour. Même si les textes sont intéressants, les effets qu’ils génèrent sont catastrophiques. » Johan Badour dirige les éditions Divergences, qui égaient les tables des librairies depuis 2016. En avril, 210 auteurs et autrices ont quitté la maison Grasset pour protester contre le licenciement de l’éditeur Olivier Nora. L’onde de choc se diffuse actuellement dans les autres succursales de Hachette, propriété de Bolloré, et dans tous les

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