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En 2022, la France a voté une seconde loi sur les lanceurs d’alerte. Spoiler : ce texte ne protège toujours personne. Les organismes chargés de le faire appliquer sont aussi mal dotés qu’une MJC. Du public au privé, du politique au social, celles et ceux qui lancent l’alerte finissent généralement dans la détresse et sous Prozac. Mouvement a rencontré ces vaillants citoyens-justiciers et les juristes qui tentent de les accompagner. Radiographie d’un sujet politique en cours de constitution.


Une enquête extraite du numéro 131 de Mouvement



« Si c’était à refaire, jamais je ne me serais embarqué là-dedans. J’aurais trouvé un taf ailleurs et je me serais barré. » Hakim est presque un cas d’école du lanceur d’alerte. Le gars qui pensait bien faire et s’est retrouvé, à son insu, dans un engrenage qui va le broyer. En 2021, ce commercial, jeune quarantenaire, intègre une boîte qui dispense des formations en gestion de comportements agressifs à l’adresse des établissements publics – techniques de désengagement, désescalade. C’est la succursale française toute neuve d’une société basée au Royaume-Uni, Crisis Prevention Institute (CPI). Le plus : la mission est philanthropique, puisque les formations sont financées, à hauteur de deux millions d’euros, par un mécène, le groupe d’investissement Wendel – un temps di

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