Une analyse issue du numéro 130 de Mouvement
Le Havre, 1971. Alors que l’océan se déchaîne, tous les regards sont dirigés vers la ligne d’horizon. En silence, la foule de cirés violets observe le tumulte comme si elle attendait un signe, ou on ne sait quelle résurgence d’un secret ancestral. L’excroissance d’un sous-marin perfore alors les reflets agités de la surface. Puis d’autres formes émergent à leur tour. Sur la berge, les plus jeunes enfilent leurs combinaisons de plongée pour se rapprocher de ces étranges entités mauves qui dominent désormais la rade. Les plus vaillants parviennent à ramener sur terre ces objets marins non identifiés. On ne sait pas à quoi ils servent mais peu à peu, c’est autour d’eux que la vie s’organise, une vie oisive faite de lectures, de siestes, de danses, de baisers et vraisemblablement de diverses drogues. « Personne ne travaillait, on ne perdait pas sa vie pour quel

