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Que fait la police ? Du cinéma, apparemment. En France, des centaines de fonctionnaires mènent des doubles carrières, de jour au comico et de nuit au plateau, où ils sont figurants. Car les productions adorent les séries policières, d’autant plus quand il y a des vrais morceaux de policiers dedans. Ce système, qui repose sur le détournement des moyens professionnels des forces de l’ordre, a pris des proportions industrielles. Mouvement a remonté la filière de ce monde interlope, de la série Netflix d’Olivier Marchal jusqu’aux plus hauts échelons du ministère de l’Intérieur.


Une enquête extraite du numéro 130 de Mouvement



« Vous savez, c’est toujours hyper énervant quand vous regardez une série et que le policier porte son écusson à l’envers. On se dit : si seulement on avait relu le scénario, on aurait pu les aider. » Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour un écusson à l’envers ? C’est Agathe Foucault qui parle, porte-parole de la Police nationale et sensitivity reader au service de ses troupes, en uniforme à épaulettes et cravate serrée. Nous sommes dans l’espace bar au sous-sol du Théâtre du Nord, à Lille, fin mars, mis à disposition du ministère de l’Intérieur par le festival Séries Mania. Toute une caravane s’est déplacée de la Place Beauvau pour l’occasion : aujourd’hui, c’est la police qui fait la programmation. On s’est mis en jambes avec le prix Vidocq, décerné par un jury de « professionn

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