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C’est une petite musique qui monte des périphéries du Caire depuis une vingtaine d’années, un boum boum de percus traditionnelles saturé d’autotune, qu’on appelle mahraganat. Bande-son de la révolution de 2011, le genre a été relégué aux marges sociales par le coup d’État du maréchal al-Sissi en 2013. Mais on ne se marie pas sans mahraganat. Mouvement a suivi des musiciens cairotes entre fumigènes et pièce montée.


Un reportage issu du numéro 131 de Mouvement



Au Caire, en juin 2026, le maréchal al-Sissi s’apprête à célébrer les treize ans du coup d’État qui l’a porté au pouvoir. Le raïs s’impose sur les panneaux publicitaires géants qui encombrent l’horizon de la capitale égyptienne, entre une réclame Adidas avec Mohamed Salah — l’autre roi local, celui du foot — et une pub pour The Spine, un quartier futuriste pour ultrariches dans le désert. À l’ombre des billboards, les chauffeurs de taxi pestent contre le prix du gazole, les mères de famille contre celui du kilo de viande et leurs maris contre la hausse inexorable des factures d’électricité. La police du régime vient d’arrêter la médecin Omnia Swaydan qui avait dénoncé, sur Facebook, des violences obstétricales dans un grand hôpital public. Elle pourrait rejoindre Ahmed Douma en prison, poète et figure de la r&

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