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Il y a quelques années, on pouvait encore s'y payer une parcelle pour une bouchée de pain, et construire sa propre galerie d'art. Le métavers – la connexion des mondes virtuels en réseau – est un Eldorado pour les artistes digitaux. On y rencontre des statues monumentales, du porno immersif et du crypto-art à tendance anarchiste. Depuis que Facebook s’en est mêlé, tout ce beau monde a la même crainte : la gentrification de l’Internet.

Le pied à peine posé de l’autre côté d’un grand miroir que nous voilà projetés en chute libre dans un puits de pixels. Des barres de néons lumineux fusent tout autour de nous. Ceci n’est pas un rêve, ni tout à fait la réalité, mais une œuvre implantée dans le jeu vidéo Fortnite. L’artiste qui l’a conçue n’a pas d’existence physique à proprement parler. LaTurbo Avedon se présente sous les traits d’une jeune fem

Le pied à peine posé de l’autre côté d’un grand miroir que nous voilà projetés en chute libre dans un puits de pixels. Des barres de néons lumineux fusent tout autour de nous. Ceci n’est pas un rêve, ni tout à fait la réalité, mais une œuvre implantée dans le jeu vidéo Fortnite. L’artiste qui l’a conçue n’a pas d’existence physique à proprement parler. LaTurbo Avedon se présente sous les traits d’une jeune femme en 3D, cheveux rasés sur les côtés. Elle vit dans les mondes virtuels, des espaces immersifs et interactifs qu’elle connaît comme sa poche, au point d’en avoir fait le lieu de ses créations. « Ma toute première performance a été de ralentir dans Chrono Trigger, sur Super Nintendo, raconte l’avatar. Au lieu de jouer au jeu vidéo, mon personnage s’est arrêté pendant plusieurs heures pour écouter le vent qui bruissait. » 


Comme elle, de nombreux artistes investissent ce que l’on nomme désormais le « métavers », soit la connexion de mondes virtuels en réseau, comme dans certains jeux vidéo, offrant la possibilité d’y mener une vie parallèle. Jusqu’alors réservé aux plus geeks d’entre nous – l’idée est née il y a trente ans dans un roman de SF – le terme a récemment circulé sur toutes les lèvres, après que le clone virtuel de Mark Zuckerberg a rebaptisé Facebook « Meta », en octobre dernier. Faire du shopping, organiser des réunions avec ses collègues ou même faire du surf... tout cela sera virtuellement possible dans le métavers. Mais cette annonce du multimilliardaire de la Silicon Valley a eu le don d’énerver la communauté geek et artistique. Avedon la première : « L’entreprise utilise son pouvoir titanesque pour acheter le terme. Elle ne reconnaît pas les mondes virtuels pour ce qu’ils sont : étranges, fluides, inclusifs. Facebook veut mettre tout ça dans une grande boîte générique. » Ce qui attire dans le métavers les artistes que nous avons rencontrés, ce n’est pas tant de pouvoir retrouver les avatars de leurs amis autour d’un verre virtuel dans un bar virtuel, que le potentiel artistique quasi illimité qu’il promet. Pour eux, c’est le possible futur d’Internet.



SON MONDE, SES RÈGLES 


Le soleil brille. Sur une plage de sable bordée d’herbes hautes, une forme arrondie blanche et trouée en son centre, aussi grande que les montagnes environnantes, se dresse face à l’horizon azur. « Welcome to my virtual world », nous annonce-t-on pendant que la barre de téléchargement progresse. Hermine Bourdin a créé ce monde de toutes pièces, depuis son atelier de Seine-Saint-Denis, pour y exposer ses sculptures façon Île de Pâques. « Mon rêve, c’est le Land Art. Mais embaucher des ingénieurs, monter des grues, financer un chantier, c’est impossible ! » La sculptrice, chevelure blonde tressée et sweat gris sur le dos, a préféré donner une vie parallèle à ses céramiques. « Dans le monde réel, la gravité est ma pire ennemie. La terre parfois s’affaisse, surtout en hiver. Dans le métavers, je peux défier les lois de la physique. Mes pièces s’animent, je pourrais même les faire voler. C’est très libérateur. » Hermine a mis très tôt les mains dans la matière : elle manipulait le grès dans la ferme de son oncle et sa tante qui l’ont élevée près de Lyon.


Il y a deux ans, elle a plongé dans le virtuel, poussée par son mari, programmeur informatique : « C’est comme tomber dans le terrier du lapin d’Alice au pays des merveilles. Une fois dedans, tu ne peux pas en revenir », lance-t-elle avec enthousiasme. Pour le moment, son métavers est au stade embryonnaire. Les interactions sociales et l’organisation d’évènements ne font pas encore partie des possibilités de l’île. Mais le studio de design qui l’accompagne dans la construction rêve plus grand : relier tous les univers que des créateurs comme Hermine s’emploient à créer.




« Par défaut, les personnages sont complètement nus. La pudeur n’existe simplement pas. » Miyö Van Stenis travaille elle aussi sur la version beta de son propre métavers, mi-artistique mi-gaming. Érotique mais surtout pas hétérocentré. « On navigue dans Eroticissima avec un casque de réalité virtuelle. Tu pourras avoir différents pénis, des seins, des sextoys, et accéder à des aventures écrites par des artistes, pour épicer les choses », raconte-t-elle en faisant défiler les premières images de sa création sur son téléphone. Des corps lascifs écartent les jambes devant des baies vitrées donnant sur un paysage volcanique et un lac gluant, le tout dans des tons gris, rose pétant et vert fluo. Miyö a grandi au Venezuela dans une famille de garçons, une manette de Nintendo 64 greffée aux mains, « pour shooter des monstres ». Elle intègre l’école des Beaux-Arts de Caracas, mais après avoir ouvertement critiqué la politique de son pays en utilisant l’image d’Hugo Chavez dans une vidéo satirique, son art numérique est interdit par les autorités qui menacent de l’envoyer en prison. Aujourd’hui réfugiée en France, elle met un point d’honneur à ce que, dans son monde virtuel, la censure n’ait pas droit de cité. Le consentement des uns et des autres, en revanche, en est la pierre angulaire. Car dans Eroticissima il faudra établir un certain niveau de confiance avec les autres joueurs pour que des interactions sociales, sensuelles et sexuelles se débloquent. Jusqu’à, peut-être, pouvoir assouvir ses fantasmes les plus extrêmes.


Alors que certains font du métavers un médium artistique à part entière, taillé à leur image, d’autres préfèrent investir des mondes virtuels existants. La communauté des artistes numériques a d’ailleurs trouvé son eldorado : Cryptovoxels. Depuis votre écran d’ordinateur, pénétrez dans cet univers pixélisé et vous tomberez peut-être nez à nez avec un chapelier fou, un bateau pirate, une invasion de lamas, un chien à lunettes traînant sur un trottoir. Vous croiserez aussi d’autres visiteurs anonymes, qui comme vous, se baladent en lévitation. « Cet endroit est pensé par des artistes, ça se ressent à chaque coin de rue », explique l’Américaine Stellabelle, qui conçoit ce métavers comme une gigantesque expérience artistique collective. Sur sa parcelle de terrain, elle a construit un bâtiment de plusieurs étages qu’elle modifie à loisir. Un jour, le sol est recouvert d’eau et ses tableaux encadrés de dorures recouvrent les murs. Le lendemain, son avatar psychédélique nous dévisage, cigarette à la bouche et sourire en coin.



UN ARGENT COMME UN AUTRE ? 


Dans ces espaces virtuels, tout est possible. Mais surtout, tout est à vendre : des sextoys de Miyö aux tableaux de Stellabelle en passant par les sculptures rebondies d’Hermine. Au-delà du rêve et de l’éternel coucher de soleil violet qui illumine Cryptovoxels, les métavers sont aussi des vitrines pour commercialiser des œuvres numériques vendues sous forme de NFT. À ce stade, une précision de vocabulaire s’impose. Aujourd’hui, les artistes qui le souhaitent ne signent plus leurs œuvres : il les « mint ». Un terme technique pour désigner leur enregistrement, sous forme de NFT (acronyme de Jeton Non Fongible), dans une « blockchain » : registre sécurisé et consultable par tous, tout le temps, qui répertorie l’intégralité des transactions réalisées. Un travail de notaire, mais garanti sans organe de contrôle. Une fois le fichier certifié, il est possible de le commercialiser : chaque NFT est une pièce unique – ou un exemplaire d’une série numérotée – qui s’échange contre de l’argent numérique, une « cryptomonnaie », également codée dans la blockchain.


« Dans Eroticissima avec un casque de réalité virtuelle, tu pourras avoir différents pénis, des seins, des sextoys, et accéder à des aventures écrites par des artistes, pour épicer les choses »


Pour de nombreux créateurs digitaux qui n’ont pas les moyens d’authentifier et de protéger leurs œuvres sur Internet, l’innovation NFT est donc une promesse de rémunération, comme de reconnaissance. C’est devenu le principal revenu des plus chanceux ; un moyen d’arrondir les fins de mois pour les autres. À coups de peintures de poupées « creepy et girly », une dizaine par mois, Jessica Soueidi, qui ne voyait pas très bien comment elle allait s’en sortir après l’École des arts décoratifs de Strasbourg, commence à gagner sa vie. « L’année post-diplôme est vraiment difficile. Personne ne t’a appris à vendre tes œuvres, on ne t’a donné aucun contact. Tu peux être un bon plasticien, ça ne sert à rien », regrette-t-elle. Un an après la fin de sa formation artistique, elle intègre une école de commerce avec l’idée de développer une start-up pour accompagner les artistes dans la monétisation de leur pratique. Lancé courant 2021, Art From Future fait du coaching : pour 140 euros, Jessica propose une formation personnalisée pour apprendre à s’orienter dans la jungle des jpegs : « Il ne suffit pas de savoir “minter”. Les artistes ont besoin d’une stratégie commerciale et de gagner en visibilité. »

 

Les NFT ont boosté l’économie des artistes digitaux. Ces trois petites lettres ont aussi, en l’espace d’un an, radicalement transformé les règles du marché de l’art. En la matière, il y a un avant et un après Beeple. En mars 2021, une œuvre au format jpeg de cet artiste s’est vendue 69,3 millions de dollars dans une enchère de la maison Christie’s. Mike Winkelmann, de son vrai nom, se retrouve alors propulsé au rang de troisième plasticien vivant le plus cher du monde après Jeff Koons et David Hockney. Aussi fasciné par les nouvelles technologies que par la peinture figurative, le galeriste Thierry Schwab, 74 ans, ne croyait pas qu’on pourrait débourser autant pour des pixels. Quelques mois plus tard, il décide néanmoins de suivre le mouvement et commercialise à son tour des œuvres numériques. En parallèle de sa galerie parisienne, il ouvre un espace de 100 mètres carrés dans les rues de Cryptovoxels, l’eldorado numérique des artistes. Ses expositions sont désormais « hybrides » et se visitent en même temps dans les réalités physique et virtuelle. Une première en France, et une manière pour lui de se réinventer sur un marché déclinant : « Les manifestations des Gilets jaunes puis la pandémie ont fait fuir les clients étrangers ces dernières années. On observait aussi depuis longtemps que notre fond d’acheteurs vieillissait. Les jeunes achètent de moins en moins de peinture... » 



NE PAS RESTER SUR LE CARREAU 


Si les acteurs traditionnels de l’art – galeristes et maisons de vente aux enchères – se lancent dans les NFT, c’est que leur place dans ce nouvel écosystème n’est plus garantie. Avec le système d’authentification sécurisée qu’offre cette technologie, les créateurs se passent d’intermédiaires, et vendent en ligne à des collectionneurs qui dégotent les œuvres directement sur Twitter, ou en naviguant sur des sites marchands spécialisés. Un changement considérable dans le rapport de force artiste-galeriste : « Pour la vente d’œuvres physiques, la galerie fait 50-50 avec l’artiste. Pour l’art digital, c’est beaucoup moins, on ne prend plus que 30 % », confesse Thierry Schwab. La plateforme de transaction NFT la plus célèbre ponctionne seulement 2,5 % de commission. Un nouveau prédateur a fait son apparition dans cette chaîne alimentaire, de plus en plus longue : les studios spécialisés dans la création de NFT. Véritables mastodontes du marketing, avec leurs plans de com’ sur mesure et leur armada de designers payés au lance-pierre, ces acteurs inondent le marché avec des productions en séries limitées. Comme ces singes aux expressions loufoques nommés « Bored Ape Yacht-Club » que Justin Bieber et Neymar se sont chacun offerts pour plus d’un million de dollars. Le galeriste est réaliste : « Certains utilisent l’art pour montrer qu’ils ont beaucoup d’argent. Ça a toujours été le cas. Pour un type comme Neymar, un NFT de ce genre est un peu l’équivalent de la Rolex, vous voyez ? »

 



Sous la fièvre bling-bling, les couches les plus profondes d’Internet remontent à la surface. « Tout ça – les blockchains, les cryptos – est né sur le darkweb. Au début, c’était réservé aux hackers, c’était très mal vu, explique Miyö, la créatrice de mondes érotiques. J’y ai fait une exposition virtuelle en 2011. Pour la voir, il fallait télécharger un logiciel qui crypte ton adresse IP. » LaTurbo aussi maniait les mécaniques des cryptomonnaies bien avant que cela ne soit tendance. « Ma première exposition a été entièrement vendue en Bitcoin. À l’époque, on était beaucoup plus proches de Silkroad [le supermarché du darkweb fermé par le FBI en 2013 pour avoir vendu des drogues et des armes – Nda] que du monde de l’art ! »

 

Certains artistes, coutumiers de ce web parallèle et empreints de sa culture souterraine, ont même lancé un courant esthétique à part entière. « Les crypto-artistes ont une idéologie et veulent redonner le pouvoir aux individus. Ils remettent en cause le système centralisé des banques, la surveillance généralisée, et cela se ressent dans leurs œuvres. » Barbe poivre et sel bien entretenue, bonnet orange vif et lunettes rondes, l’avocat Benoît Couty a acheté un terrain sur Cryptovoxels en 2018 pour une bouchée de pain. C’est en rencontrant ses voisins – des crypto-artistes réticents au circuit des galeries, venus s’exprimer plus librement dans ces mondes virtuels – que le quadragénaire a l’idée de réunir leurs œuvres sur sa parcelle, qu’il transforme en musée. Le Museum of Crypto Art reste encore confidentiel. Chaque jour, une vingtaine d’avatars le visitent. « C’est moins intello, moins hermétique et plus pop que l’art traditionnel, y compris numérique. On le voit dans les techniques que ces artistes utilisent : le pixel, le collage, des logiciels génératifs ou ce qu’on appelle le “glitch”, lorsque les artistes maltraitent volontairement une image avec des logiciels, pour altérer son rendu. Pour moi, derrière cette utilisation-là, c’est le symbole de tout un système qui est en train de bugger. » 



OCCUPY MÉTAVERS


Une poubelle en plastique noire flotte dans les airs. Qui aurait pu prédire que ce simple gif déclencherait une révolte des créateurs numériques ? En janvier 2020, Robness, crypto-artiste provocateur de Los Angeles, met en vente le fichier 64 Gallon Toter sur SuperRare, l’un des plus importants sites dédiés à la vente de NFT. Quelques collectionneurs avec de gros portefeuilles sont sceptiques et se plaignent à cette plateforme qui a la particularité de sélectionner ses artistes au préalable. Ils sont formels : ceci n’est pas de l’art, c’est une image d’archive animée en quelques clics grâce à un logiciel accessible à tous. L’œuvre est supprimée et Robness est banni du site de vente. Comme un seul homme, des artistes se mettent alors à produire en masse des NFT d’images à peine modifiées, mollement animées, ou à reproduire ladite poubelle dans leurs créations. Dans ce courant autoproclamé « trash art », impossible de ne pas voir planer l’esprit de Marcel Duchamp. En plaçant ses ready-mades dans des musées, l’artiste élevait au rang d’œuvres des objets manufacturés, tel une roue de vélo ou son célèbre urinoir de 1917. « Personne ne peut définir unilatéralement ce qui est de l’art et ce qui n’en est pas », rigole Stellabelle, qui a intégré la poubelle de la discorde à l’une des œuvres de Cryptostellas, sa série qui documente « le bien, le mal, le moche » de l’histoire relativement jeune des NFT.


« C’est moins intello, moins hermétique et plus pop que l’art traditionnel, y compris numérique. On le voit dans les techniques que ces artistes utilisent : le pixel, le collage, des logiciels génératifs ou ce qu’on appelle le “glitch”, lorsque les artistes maltraitent volontairement une image avec des logiciels, pour altérer son rendu. Pour moi, derrière cette utilisation-là, c’est le symbole de tout un système qui est en train de bugger »



Cette petite rébellion est, selon elle, un élément tangible de la bataille qui se mène dans le métavers pour préserver l’indépendance de ces mondes, ainsi que leur décentralisation. « Internet s’est progressivement retrouvé dans les mains des GAFAM qui contrôlent tout aujourd’hui. Le rêve d’Internet, ce n’est pas ça ! Internet s’est bâti sur une utopie de liberté. Nous avons peut-être perdu une bataille, mais nous sommes désormais passés à l’acte II de cette guerre. Dans Cryptovoxels, on a le sentiment d’avoir une nouvelle chance de bien faire les choses, car les entreprises privées n’ont pas encore mis le grappin dessus. » Tous les artistes que nous avons rencontrés semblent déterminés à ne pas laisser les mondes qu’ils fréquentent – leurs médiums, leurs lieux de vie et de travail – aux seules mains des ingénieurs de la Silicon Valley et des industriels venus y faire du cash. Créer dans les métavers, c’est aussi occuper le terrain, tenir des positions aussi géographiques qu’idéologiques, et participer, si ce n’est à l’avenir du monde, du moins à celui des leurs. Tout aussi isolée dans sa ville de Kansas City, qu’entourée dans le métavers par sa tribu de geeks un poil anarchistes, de ses collectionneurs, de ses fans et d’autres crypto-artistes, Stellabelle mène ses combats au travers de ses œuvres. Dans un grand feu de joie installé dans Cryptovoxels, elle appelle à brûler les arnaques NFT qui pullulent sur le net. Sur un gif qu’elle vient de vendre, son avatar assassine d’une balle dans la tête un gros singe nonchalant ; ce sont les studios qui refusent de verser des royalties aux artistes. Sur un autre, Beeple est représenté chiant une bouse de billets de banque tandis que Mark Zuckerberg, flanqué de cornes rouges, est rebaptisé « Satan ». Ces artistes espèrent bien que leurs imaginaires influenceront l’Internet de demain. Reste à savoir ce que peuvent des pixels contre des milliards.


Alexandre Parodi et Léa Poiré