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Depuis 2020, le Kazakhstan est agité par un mouvement de contestation contre l’emprise de Moscou. Il s’agit non seulement de se prémunir de la puissance militaire de Poutine mais aussi de « dérussifier » le pays en profondeur : produire de la « q-pop », manger du kuurdak et réformer la langue. Au risque parfois de donner dans le folklore. Mouvement a promené son micro entre les bains thermaux et les concerts de musique trad’, à Almaty, capitale culturelle.


Un reportage extrait du numéro 130 de Mouvement




Par qui commencent les révolutions ? Au Kazakhstan, cela pourrait bien venir de ce trio de scientifiques rivé sur des écrans d’ordinateurs dans une salle surdimensionnée de l’Académie des sciences d’Almaty, la plus grande ville du pays. Nursaule Rsaliyeva, Nurlan Shulenbayev et Quwatbek Duysen ont l’air bien rétrécis dans cet immense bureau. Le bâtiment a été construit par les Soviétiques : il faut emprunter de longs couloirs à tapis rouges et passer sous les bustes des grands hommes russes pour atteindre le laboratoire des linguistes. Démesurée, leur mission l’est aussi : former, déformer puis reformer la langue kazakhe. Un sacré chantier qui implique des considérations minuscules : la taille de la queue d’un « p » ou la transposition de tel mot russe intraduisible dans un alphabet qui n’existe pas encore. « Ce ne

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