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Depuis l’Antiquité, les femmes ont été tenues à l’écart du corps social par une série de maladies imaginaires inventées par les hommes. « L’hystérie » est la manifestation la plus récente d’un processus millénaire de manipulation. La documentariste Pauline Chanu propose de « sortir de la maison hantée ».


Un entretien issu du numéro 130 de Mouvement



Le diagnostic « d’hystérie » appartient au passé, mais son spectre nous hante encore. De quelle manière ?

 

Nos imaginaires restent habités par les représentations de la grande hystérie du XIXe siècle : les patientes de l’hôpital de la Salpêtrière ou de Freud qui présentent des symptômes presque surnaturels, convulsent, se contorsionnent de manière spectaculaire, changent de voix. Cette image de femme quasi possédée se retrouve dans de nombreuses fictions et innerve jusqu’au cinéma d’horreur. Cela nous ferait presque oublier qu’aujourd’hui encore, des femmes sont internées. Les Iraniennes qui manifestaient contre le régime liberticide et féminicidaire ont peu à peu cessé d’être envoyées en prison pour être enfermée

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