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C’est désormais bien connu : la France est redevenue une société d’héritiers. L’injustice se lègue par voie de testament et ça paraît bien naturel – aucun parti politique, même à gauche, ne vous dira le contraire. Pourtant, à la Révolution française et tout au long du 19e siècle, des penseurs ont questionné la légitimité de l’héritage. Pour faire sens de la mort, il faut socialiser l’argent. Mélanie Plouviez a mené l’enquête philosophique.


Un entretien extrait du n°126 de Mouvement



La France serait redevenue une « société d’héritiers ». Qu’est-ce que cela signifie ?


Depuis les années 1970, la part de l’héritage dans le patrimoine des Français prend de plus en plus d’importance, au détriment de celle provenant du travail et de l’épargne. Autrement dit : « mieux vaut hériter que travailler ». Dans Le Capital au XXIe siècle (2013), Thomas Piketty montre que l’héritage a retrouvé un poids comparable à celui qu’il détenait au XIXe siècle dans les ressources totales des ménages. À force d’efforts, nos parents et nos grands-parents pouvaient acquérir une résidence principale depuis les seuls revenus de leur travail. Et même une résidence secondaire, s’ils s’en sortaient bien. Aujourd’hui, la plupart de ceux qui gagnent relativement bien leur vie n’y arrivent plus sans apport familial. Nous pourrions nous dire : après tout, pourquoi pas une société de petits héritiers ? Mais les sociétés d’hé

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