Un entretien extrait du numéro 130 de Mouvement
La dégradation de notre paysage culturel a été encouragée, selon vous, par le « poptimisme » : une classe culturelle qui loue aveuglément tout ce qui est populaire par souci d’inclusivité. Cette tendance s’est diffusée dans la société. D’où part ce phénomène ?
À l’origine, d’une très bonne intention : celle de donner une chance à la pop. Jusque dans les années 2000, l’ancienne garde de la critique musicale snobait tout ce qui n’était pas « alternatif » et, de fait, laissait de côté les stars les plus populaires. Une nouvelle génération est arrivée, plus inclusive, qui a voulu se démarquer des « puristes indie punks ». Ce sont des gens éduqués, qui ont lu Bourdieu, et ont ouvert le champ de

