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Vous présentez cinq pièces cet automne, We Are Still Watching, Partituur, Forces de la nature, Balades croisées lors d’une soirée d’automne et slowly, slowly… until the sun comes up. Qu’est-ce qui les lie ?


L’interdépendance. Ce terme est un cadre à travers lequel je regarde le monde. Dans Forces de la nature, les interprètes sont reliés par des fils, ce qui les place physiquement dans une relation interdépendante. Cette même relation peut aussi se situer entre le spectateur et l'œuvre, c’est le cas dans Partituur, We Are Still Watching et Balades croisées lors d’une soirée d’automne. Dans ces pièces participatives, œuvre et spectateurs ne peuvent exister l’un sans l’autre, puisque ces derniers jouent les partitions qui leur sont données. Ce type de dispositif leur confère un rôle d’interprète, mais aussi un pouvoir d'auteur dans la pièce, car ils peuvent également modifier les partitions ou les questionner. Mes  pièces parlent aussi de communauté : dans slowly, slowly… until the sun comes up, le public fait littéralement partie du décor, pour qu’avec les interprètes il explore un espace onirique commun.



En quoi l’idée de communauté traverse votre travail ? 


Depuis 2006, je ressens la nécessité de travailler et d'explorer le collectif, même quand je fais des soli. Je pose des questions aux – et avec – les gens qui m’entourent, en espérant créer un tissage, une forme, où chacun.e se sente touché.e et puisse s'exprimer. We Are Still Watching par exemple a été écrite en collaboration avec trois autres artistes et amis. Déjà dans le processus d'écriture, il y avait cette notion de collectif, d'échange et d'ouverture. 



Dans We Are Still Watching où le public lit des scénarios cachés sous les sièges, ou Forces de la nature, où les interprètes dialoguent en permanence, le texte est omniprésent dans votre travail. Quelle place lui attribuez-vous ?     


Je suis devenue danseuse et chorégraphe à travers mes études littéraires. Je me suis intéressée à la langue et à l'écriture sous tous types de formes, dont le langage non verbal qui m'a beaucoup intéressée. La danse, je l’ai d’abord regardée avant de la danser. Je ne sais pas si j'aurais réellement commencé à écrire s'il n'y avait pas d’abord eu ce passage : ça m'a permis une relation très étroite avec le texte. Je n’ai jamais voulu publier mes textes, car ils fonctionnent lorsqu’ils sont énoncés à voix haute et contextualisés dans une action, dans un seul ou entre deux corps, entre le regard du public et l'interprète. 



Quel est votre processus d’écriture ? 


Je mets toujours en place une contrainte physique ou une condition physique qui nous amène à une autre vision. Lorsque j’attache les gens ensemble dans Forces de la nature, cette contrainte propose une nouvelle vision des relations humaines. Les textes sont toujours écrits à partir de cette condition. Je n'ai jamais produit un texte avant de l'expérimenter corporellement car il n'y a pas dans mon travail de séparation entre le geste, le corps et l'environnement. 



Vos pièces mêlent notamment danse, théâtre et littérature. Qu’apporte cette interdisciplinarité dans votre travail ?


En permaculture, la marge entre deux biotopes est l’espace le plus riche car les vivants se croisent et c’est ce qui permet des innovations. Je mets en parallèle ce principe avec les endroits artistiques : lorsqu’on évolue dans des espaces où il n'y a pas de règles strictement établies, les cases sont plus fluides et ça permet de proposer de nouveaux points de vue et de nouvelles expériences. Je me considère toutefois comme chorégraphe et j'ai toujours travaillé à partir de cette pratique. Dans mon travail, il y a toujours la notion du corps, du temps et de l'espace. Ce corps n’est pas forcément humain, physique et ne bouge pas obligatoirement dans un vocabulaire chorégraphique établi et connu. Un texte ou une pensée par exemple peut être un corps. 



Vous revendiquez une démarche artistique écologique. Qu’entendez-vous par là ?   


La crise écologique est omniprésente. À mon avis il ne suffit pas de l’appréhender comme le thème d’un festival, mais comme une façon de penser et de gérer les ressources, de concevoir la relation avec le spectateur, la manière dont sont écrits les textes, dont on valorise le travail de celleux qui nous entourent ou encore dont on prend soin des endroits dans lesquels on travaille. Chaque pratique implique ou soulève des questions particulières concernant les ressources. Dans chaque contexte spécifique (création artistique, organisation ou la répartition du travail, etc.), on peut se poser cette question : quelles sont nos ressources et comment on peut les soigner, les faire durer, les renouveler ? Pour certains artistes le corps est une ressource, pour d’autre c’est la relation avec autrui, ou encore le lien avec “les références historiques”, avec le spectateur… Parfois c’est tout cela en même temps. Essayer de les “soigner” ou “renouveler” implique de trouver les formes, les compositions et les paradigmes qui vont s’appuyer sur elles sans les consumer, les épuiser, les rendre jetables, mais au contraire les vivifier, les fortifier, les fertiliser. Cette réflexion autour des ressources est pour moi le début d’un engagement dans une pratique et dans une relation durable.

 


Propos recueillis par Belinda Mathieu


 

> We Are Still Watching, du 4 au 13 novembre ; Forces de la nature, du 8 au 20 novembre; Partituur, du 4 au 17 novembre ; Balades Croisées lors d’une soirée d’automne, le 25 novembre, dans le cadre du mois consacré à Ivana Müller à la Maison des Métallos, Paris, en partenariat avec le Festival d’Automne à Paris

> slowly slowly … until the sun comes up, du 30 novembre au 2 décembre à l’Atelier de Paris, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris ; les 7 et 8 décembre au Pacifique, Grenoble