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Scènes
Oubliez le spectaculaire et les pyramides humaines : des chaises à roulettes et de la vaisselle premier prix suffisent à Marc Oosterhooff et Owen Winship pour construire tout un univers. Avec une certaine ingéniosité et beaucoup d’espièglerie, les deux circassiens renégocient les termes de la virtuosité dans The Smallest Things.
En Bretagne, alors qu’elle est jugée responsable de la prolifération des algues vertes, l’industrie porcine prospère toujours. Au lieu de déprimer, le Galapiat Cirque en appelle à une révolte collective et joyeuse dans le spectacle participatif Préviens les autres.
Assister au lever du jour à un spectacle dans une cathédrale, boire un verre avec les députés du Grand Conseil vaudois, écouter un concert dans une usine de traitement de déchets : on peut définitivement tout faire au Festival de la Cité, le grand raout festif qui agite Lausanne en début d’été.
Les glaces polaires fondent à vue d’œil et le Grand Nord a commencé à disparaître. Dans sa dernière création Immaqaa, ici peut-être, Mathurin Bolze imagine une scénographie ingénieuse et construit sa propre banquise sur scène, terre d’accueil d’une joyeuse troupe de huit circassiens.
Dans la piscine d’Éric Longequel, il y a : des ballons de baudruche, des cassettes VHS, une paire de ciseaux et l’envie de faire couler l’injonction spectaculaire. Dans ce court solo, le circassien mêle apnée et jonglage, immergé dans une cuve d’eau étroite.
Il est fini le temps où on enfermait des femmes dans des boîtes pour les couper en deux sur scène. La magie d’aujourd’hui a d’autres choses à nous transmettre. Dans un spectacle hautement participatif, Thierry Collet remet en cause notre perception du réel et nos illusions respectives.
Parfois il suffit d’un peu de plastique et de quelques ventilateurs. Quinze ans après Vortex et L’après-midi d’un Foehn, Phia Ménard imagine une nouvelle pièce autour du vent. Si elle est pensée pour un jeune public, Nocturne (Parade) ne cède à aucune simplicité, technique comme narrative.
Après les variations sur papier de PLI (2022), Inbal Ben Haim s’intéresse aux possibilités formelles de la corde lisse à travers un dispositif où les spectateur·ices font évoluer la scénographie en direct. Une pièce à la narration encore fragile, qui parvient néanmoins à tisser une relation singulière à son public.
S’emparant d’un classique du cinéma allemand – l’homérique Fitzcarraldo de Werner Herzog, datant de 1982 –, le duo de circassiens compose une fresque narrative et dansée qui oppose hubris occidental et luttes sud-américaines sans céder au didactisme.