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Scènes
Chantal Akerman inspire à Maëlle Dequiedt un seul-en-scène tout en douceur qui fait infuser les préceptes de la réalisatrice belge dans le quotidien de la comédienne.
Steven Cohen est devenu artiste dans la nuit noire d’un asile militaire, après avoir perdu la raison. Ou alors était-ce durant la petite enfance, plongé dans l’obscurité terrifiante de la maison familiale. Ou bien quand il a décidé de ne pas se donner la mort, à 14 ans, après avoir rencontré un ami errant comme lui, dans les rues de Johannesburg. « C’est dans tous ces moments que ça se passe – lorsqu’on survit à soi-même. » Sa conscription, son expérimentation sauvage de la performance, la misère, la violence qui déferle de toutes parts sur son « corps juif et queer », le poids de la norme : l’artiste de 64 ans veut tout raconter, car le temps presse, l’âge avance et la maladie emporte ses proches. People Will People You, présenté dans le cadre du Festival d'Automne et du programme plan D, porté par le CN D à la MC93, est un au revoir à la scène, une conférence-effeuillage où se dévoile la fabrication d’une légende. Sur scène, l’artiste s’adressera au public pour la première fois de sa vie dans cet état de vulnérabilité. Pour rencontrer Mouvement, Steven Cohen est venu de Lille à Paris, en habits de ville. Juste un crochet pour donner une interview et se ravitailler en maquillage dans une boutique de la capitale, avant de retourner à sa table d’écriture.
Un public, deux performeurs, 35 minutes, pas de texte et quelques babioles : Romeo Castellucci pense « petit » mais ratisse large dans cette malicieuse installation performative. Un mini-quizz linguistique, dérisoire ou magistral selon l’humeur, qui synthétise les trucs et astuces d’une légende vivante du théâtre contemporain.
La metteuse en scène redouble d’inventivité pour imaginer un théâtre documentaire amplifié de mythologie. «Transformations Opéra Radio» est un labo de recherche performative qui rend hommage aux femmes ayant participé aux soulèvements du XXe siècle, en dépit de leur invisibilisation.
Dans un spectacle mêlant archives, textes et matière chorégraphique, Julie Botet hybride son vécu d’enfant malade avec l’imagerie des freaks du début du siècle dernier. Une création qui évite le pathos pour célébrer l’anomalie et cultiver le trouble.
L’intimité au XXIe siècle est chose ingrate. Voilà ce que nous chantent les six interprètes de The Alonetimes dans ce récital lyrico-moderne aussi tendre que cruel, signé par les compositeur·ices Jennifer Walshe et Philip Venables.
Des chevaux mécaniques et quelques jetons : il n’en fallait pas plus au duo de performeurs portugo-brésiliens Jonas&Lander pour mettre à mal le tabou autour de l'argent dans les arts vivants. Préparez la monnaie.
Depuis une dizaine d’années, l’artiste transmasculin égypto-finlandais Samira Elagoz déconstruit notre rapport au genre et au désir hétérosexuel. Et tous les moyens sont bons : interroger des hommes rencontrés sur Internet caméra au poing, documenter sa transition de genre en plein confinement, ou sa dernière relation amoureuse en ciné-conférence. Portrait d’un artiste à la croisée des formes et des genres, à découvrir aux Ateliers Berthier à Paris dès ce weekend.
Ses performances mutantes dans l’espace public l’ont fait connaître sur les réseaux sociaux, et le documentaire Queendom sur le circuit des festivals : l’artiste russe Jenna Marvin confronte la pression politique qui pèse sur les existences queer dans sa première exposition française à Transfo Emmaüs Solidarité .