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Scènes
Mettre en mouvement les foules, Boris Charmatz sait faire. Pourtant, dans SOMNOLE et Muette, il est seul sur scène, sans autre musique que celle produite par son propre corps. À l’occasion de plan D, temps fort du CND à la MC93, le chorégraphe présente ces deux pièces en miroir.
Sur le temps long et en adoptant une adresse subtile, la chorégraphe polonaise Ewa Dziarnowska et son acolyte britannique Leah Marojević invitent le spectateur à s’émanciper du cadre performatif. Mais en est-il même capable ?
Qui donne le la ? Socialement, la question est vaste. Musicalement, c’est une fréquence, le 440 Hz, qui sert de référence aux musiciens. La chorégraphe et danseuse Louison Valette met au défi cette autorité tonale dans une confrontation entre un dispositif électroacoustique et deux danseuses.
La recette est simple : prenez onze danseur·euses virtuoses issu·es de l’underground, réunissez-les sur scène et voyez ce qui se passe. Avec intensité et sans prétention, Amala Dianor donne lieu à une expérience de danse joyeuse. Ici, « rencontre » et « partage » sont bien plus que des catchwords sur une feuille de salle.
Motif récurrent de la fiction et des arts vivants, le dance contest est une démonstration brutale de la mise en concurrence des corps par le capitalisme. Accompagnée des danseur·euses de la compagnie Carte Blanche, la chorégraphe grecque Katerina Andreou livre sa version d’un techno-marathon, sans pitié, mais toujours avec précision.
La chorégraphe Mathilde Monnier s’associe à la percussionniste Lucie Antunes pour une création musicale et chorégraphique. Le résultat : un Silence commun, qui relègue la danse en second plan et exalte la musique.
Avec Vision, les chorégraphes Éric Minh Cuong Castaing et Aloun Marchal et la dramaturge Marine Relinger collaborent avec quatre artistes malvoyant·es et conçoivent un spectacle participatif qui remet en cause notre conception du spectaculaire.
Faire fusionner la tradition musicale gnawa et la danse contemporaine avec la culture flamenca, voici l’ambition de l’alchimiste Taoufiq Izeddiou. Le chorégraphe marocain réunit six artistes et une dizaine d’amateur·ices pour révéler la beauté brute des gestes imparfaits et des corps en transe.
Dans le cadre épuré d’un gymnase sur fond blanc, la chorégraphe s’interroge, en danse et en vidéo, sur la culture de l’unisson qui caractérise notre société. Et déjoue les effets de groupe, au propre comme au figuré.