CHARGEMENT...
OÙ TROUVER VOTRE N° ?
Scènes
Il est fini le temps où on enfermait des femmes dans des boîtes pour les couper en deux sur scène. La magie d’aujourd’hui a d’autres choses à nous transmettre. Dans un spectacle hautement participatif, Thierry Collet remet en cause notre perception du réel et nos illusions respectives.
« Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ? » Cette question ouvre Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo — une enquête intime, poétique et familiale qui embrasse les blessures de l’histoire européenne. Sur la scène du Théâtre Vidy-Lausanne, Valérie Dréville et Guy Cassiers donnent corps à ce Thésée moderne et nous invitent, nous aussi, à parcourir le labyrinthe de la mémoire. Mouvement vous emmène en coulisses de la création du spectacle.
Parfois il suffit d’un peu de plastique et de quelques ventilateurs. Quinze ans après Vortex et L’après-midi d’un Foehn, Phia Ménard imagine une nouvelle pièce autour du vent. Si elle est pensée pour un jeune public, Nocturne (Parade) ne cède à aucune simplicité, technique comme narrative.
Vous reprendrez bien un peu de philosophie ? Dans Tout doit disparaître, Stéphanie Aflalo se prépare à la mort de son père. Et la comédienne-dramaturge le fait à sa manière : à coup de rituels décalés ou de citations Yogi Tea. Un solo drôle et ingénieux sur la disparition des proches.
Dans un logement collectif, neuf femmes délivrent leur version des conflits qui ont déchiré l’ancienne URSS. Des témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch, Nobel 2015, et qui jaillissent aujourd’hui dans un dispositif théâtral en partie improvisé, signé Julie Deliquet.
Après les variations sur papier de PLI (2022), Inbal Ben Haim s’intéresse aux possibilités formelles de la corde lisse à travers un dispositif où les spectateur·ices font évoluer la scénographie en direct. Une pièce à la narration encore fragile, qui parvient néanmoins à tisser une relation singulière à son public.
Un Tricount litigieux après des vacances entre amis, une divergence sur des goûts musicaux ou sur l’éducation à donner à ses gosses : dans un futur proche régi par l’IA et menacé d’effondrement, deux vieux potes en viennent aux mains pour des motifs futiles lors d’un jeu de ballon aux règles fictives. Serions-nous toujours à deux doigts de la violence dans notre quotidien ? C’est le postulat, en filigrane, de Pas de souci, petit match entre amis dans une salle de sport rétrofuturiste, écrit à trois par les comédiens Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak et le metteur en scène Olivier Veillon. Un petit shoot satirique des temps modernes, où tous les coups sont permis.
Des images low-tech, des jeux d’ombre, quelques machines et quatre mains : les New-Yorkais Steven Wendt et Phil Soltanoff déploient un monde depuis presque rien dans un spectacle en diptyque. Une économie de moyens qui fait du bien et nous ramène à l’artisanat d’un spectacle vivant fabriqué sous nos yeux.
S’emparant d’un classique du cinéma allemand – l’homérique Fitzcarraldo de Werner Herzog, datant de 1982 –, le duo de circassiens compose une fresque narrative et dansée qui oppose hubris occidental et luttes sud-américaines sans céder au didactisme.