CHARGEMENT...
OÙ TROUVER VOTRE N° ?
Scènes
Il est fini le temps où on enfermait des femmes dans des boîtes pour les couper en deux sur scène. La magie d’aujourd’hui a d’autres choses à nous transmettre. Dans un spectacle hautement participatif, Thierry Collet remet en cause notre perception du réel et nos illusions respectives.
Attention : « le jour de colère » va s’abattre sur l’Opéra de Nancy-Lorraine et c’est César Vayssié qui en sera le chef d’orchestre. Le Dies Iræ, déchaînement de furie lyrique abondamment repris dans la pop culture, est l’un des thèmes phares de la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi, dont l’artiste s’est vu confier l’adaptation. Metteur en scène et vidéaste, sa trajectoire est pourtant aux antipodes de la tradition opératique : ses projets hybrides entre scène et film captent des corps à la marge et sa caméra est plébiscitée par la danse contemporaine, Boris Charmatz en tête. Dans sa relecture de cette œuvre liturgique, l’Apocalypse, c’est ici et maintenant, et avec une barre de pole dance géante au plateau. Entretien avec un outsider de l’opéra.
Parfois il suffit d’un peu de plastique et de quelques ventilateurs. Quinze ans après Vortex et L’après-midi d’un Foehn, Phia Ménard imagine une nouvelle pièce autour du vent. Si elle est pensée pour un jeune public, Nocturne (Parade) ne cède à aucune simplicité, technique comme narrative.
Un frère et une sœur refusent de grandir et embarquent deux amis dans leur fusion incestueuse et destructrice. De ce récit dérangé signé Jean Cocteau et mis en musique par Philip Glass, deux jeunes prodiges de la scène lyrique, les Allemands Lisa Moro et Matthias Piro, tirent un opéra juvénile et déluré.
Une guerre larvée, un mariage de convenance, un serial lover et un sacrifice : il s’en passe en Bretagne dans cet opéra d’Édouard Lalo datant de 1888. Un croustillant livret dont s’empare Olivier Py dans une production percutante qui porte sa patte de part en part et sert généreusement sa distribution vocale.
Depuis une dizaine d’années, l’artiste transmasculin égypto-finlandais Samira Elagoz déconstruit notre rapport au genre et au désir hétérosexuel. Et tous les moyens sont bons : interroger des hommes rencontrés sur Internet caméra au poing, documenter sa transition de genre en plein confinement, ou sa dernière relation amoureuse en ciné-conférence. Portrait d’un artiste à la croisée des formes et des genres, à découvrir aux Ateliers Berthier à Paris dès ce weekend.
Après les variations sur papier de PLI (2022), Inbal Ben Haim s’intéresse aux possibilités formelles de la corde lisse à travers un dispositif où les spectateur·ices font évoluer la scénographie en direct. Une pièce à la narration encore fragile, qui parvient néanmoins à tisser une relation singulière à son public.
Du fantastique, du tragique, de l’action : il y a de tout ça dans l’excentrique opéra de Leoš Janáček. Pour porter au plateau le destin d’une héroïne immortelle, le metteur en scène hongrois Kornél Mundruczó opte pour une mise en scène timide mais une distribution vocale grandiose.
S’emparant d’un classique du cinéma allemand – l’homérique Fitzcarraldo de Werner Herzog, datant de 1982 –, le duo de circassiens compose une fresque narrative et dansée qui oppose hubris occidental et luttes sud-américaines sans céder au didactisme.