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Scènes
Assister au lever du jour à un spectacle dans une cathédrale, boire un verre avec les députés du Grand Conseil vaudois, écouter un concert dans une usine de traitement de déchets : on peut définitivement tout faire au Festival de la Cité, le grand raout festif qui agite Lausanne en début d’été.
Les glaces polaires fondent à vue d’œil et le Grand Nord a commencé à disparaître. Dans sa dernière création Immaqaa, ici peut-être, Mathurin Bolze imagine une scénographie ingénieuse et construit sa propre banquise sur scène, terre d’accueil d’une joyeuse troupe de huit circassiens.
Un public, deux performeurs, 35 minutes, pas de texte et quelques babioles : Romeo Castellucci pense « petit » mais ratisse large dans cette malicieuse installation performative. Un mini-quizz linguistique, dérisoire ou magistral selon l’humeur, qui synthétise les trucs et astuces d’une légende vivante du théâtre contemporain.
La metteuse en scène redouble d’inventivité pour imaginer un théâtre documentaire amplifié de mythologie. «Transformations Opéra Radio» est un labo de recherche performative qui rend hommage aux femmes ayant participé aux soulèvements du XXe siècle, en dépit de leur invisibilisation.
Dans la piscine d’Éric Longequel, il y a : des ballons de baudruche, des cassettes VHS, une paire de ciseaux et l’envie de faire couler l’injonction spectaculaire. Dans ce court solo, le circassien mêle apnée et jonglage, immergé dans une cuve d’eau étroite.
Dans un spectacle mêlant archives, textes et matière chorégraphique, Julie Botet hybride son vécu d’enfant malade avec l’imagerie des freaks du début du siècle dernier. Une création qui évite le pathos pour célébrer l’anomalie et cultiver le trouble.
L’intimité au XXIe siècle est chose ingrate. Voilà ce que nous chantent les six interprètes de The Alonetimes dans ce récital lyrico-moderne aussi tendre que cruel, signé par les compositeur·ices Jennifer Walshe et Philip Venables.
Des chevaux mécaniques et quelques jetons : il n’en fallait pas plus au duo de performeurs portugo-brésiliens Jonas&Lander pour mettre à mal le tabou autour de l'argent dans les arts vivants. Préparez la monnaie.
Il est fini le temps où on enfermait des femmes dans des boîtes pour les couper en deux sur scène. La magie d’aujourd’hui a d’autres choses à nous transmettre. Dans un spectacle hautement participatif, Thierry Collet remet en cause notre perception du réel et nos illusions respectives.