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Scènes
Dans leur nouvelle expérience plastique et scénique, le tandem catalan scrute le dévoiement du langage par le pouvoir dans un recueil de « contes » satiriques. Une forme stimulante qui n’opère jamais mieux que quand elle se moque d’elle-même.
Pour se repeupler, Israël offre des voyages organisés aux jeunes gens étrangers de confession juive. Le tandem Winter Family détourne le discours de ces séjours culturels dans une satire grinçante qui révèle les racines du projet colonial.
Poursuivant son projet d’adaptation au plateau des grands textes épiques, Pauline Bayle nous balade dans ce poème fondateur de la culture indienne avec le savoir-faire immaculé qu’on lui connaît. Une virtuosité qui, malgré de beaux éclats, nous laisse à distance du feu sacré.
Les cloches de l’apocalypse sonnent, le monde brûle et les ultrariches se terrent dans des bunkers. Paul, PDG d’une entreprise de pétrochimie, et sa fille Ami sont de ceux-là. Entre eux, une lutte sourde se joue à huis clos, opposant verbe et silence, que Marion Siéfert et Matthieu Bareyre mettent en scène avec sobriété.
Sur le temps long et en adoptant une adresse subtile, la chorégraphe polonaise Ewa Dziarnowska et son acolyte britannique Leah Marojević invitent le spectateur à s’émanciper du cadre performatif. Mais en est-il même capable ?
Comme le héros cruel du Roi Lear, le père d’Andrea Jiménez a renié sa fille. Au plateau, la metteuse en scène espagnole rejoue le match, chaque soir face à un nouvel adversaire. Expérience scénique étonnante, Casting Lear navigue dans l’œuvre de Shakespeare à la recherche d’un remède contre les névroses familiales.
Avachie devant un soap opéra, une enfant est engloutie par un fauteuil. Quelques années plus tard, le mobilier humanoïde prend la parole. Dans un seul-en-scène musical et halluciné, la performeuse et scénographe Andrea Baglione met en tension aliénation domestique et emprise de la pop culture.
L’autrice-performeuse brésilienne clôt la trilogie qui l’a imposée comme coqueluche du théâtre contemporain avec un épisode en demi-teinte. Invoquant la toute-puissance de l’écriture et des forces du mal qui l’attisent, Uma luz Cordialoffre une séance de spiritisme littéraire aussi complaisante que sincère.
Qui donne le la ? Socialement, la question est vaste. Musicalement, c’est une fréquence, le 440 Hz, qui sert de référence aux musiciens. La chorégraphe et danseuse Louison Valette met au défi cette autorité tonale dans une confrontation entre un dispositif électroacoustique et deux danseuses.