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Scènes
Depuis une dizaine d’années, l’artiste transmasculin égypto-finlandais Samira Elagoz déconstruit notre rapport au genre et au désir hétérosexuel. Et tous les moyens sont bons : interroger des hommes rencontrés sur Internet caméra au poing, documenter sa transition de genre en plein confinement, ou sa dernière relation amoureuse en ciné-conférence. Portrait d’un artiste à la croisée des formes et des genres, à découvrir aux Ateliers Berthier à Paris dès ce weekend.
Ses performances mutantes dans l’espace public l’ont fait connaître sur les réseaux sociaux, et le documentaire Queendom sur le circuit des festivals : l’artiste russe Jenna Marvin confronte la pression politique qui pèse sur les existences queer dans sa première exposition française à Transfo Emmaüs Solidarité .
Face au grotesque de l’époque, le festival de performance Les Urbaines – point de ralliement de l’émergence européenne – fait le choix du fou rire cathartique, du burlesque et de la blague corrosive.
Pas besoin de scène ni de gradin pour faire l’expérience de Je suis une montagne, installation performative signée Eric Arnal Burtschy. Dans l’air flottent une soixantaine de transats suspendus à des câbles. Là, allongé et les yeux fermés, le public s’engouffre dans un tunnel de sensations : chaud, froid, vent, vibrations et même une rasade de pluie en fin de parcours. Une bande son accompagne le voyage : des infrabasses, quelques frôlements, jusqu’à un paroxysme de textures synthétiques. Issu de la danse, le metteur en scène en est à sa deuxième création ne requérant aucune présence humaine en plateau – si ce n’est pour assurer la sécurité des participants. Médium artistique du futur ? Simulation environnementale ? Trip psychédélique ? À vous d’en décider – si vous ne craignez pas l’obscurité ni les orages.
Déambulation chorégraphiée par Cedric Mizero, Umunyana s’interroge sur un souvenir qui le tiraille depuis l’enfance : comment une société peut-elle vénérer « la vache sacrée » mais d’un même geste en abattre des troupeaux ?
Comme chaque automne, le CWB accueille son opulent festival de performances. Soixante shows, de midi à minuit : de quoi analyser les grands démons de l’époque.
Au festival de performance de la Fundaçao de Serralves à Porto, Gui BB – fraichement débarquée de Montréal sur les scènes européennes – présente I have such a horrible voice, un conte horrifique sur la précarité et la laideur comme outil de subversion.
Après sa rencontre avec son double généré par IA dans dSimon, Simon Senn convie Amaranta Fontcuberta, spécialiste de l’évolution, à mettre en scène ses recherches sur la « fourmi argentée ». Le long d'un solo poétique et plein d’humilité, la scientifique confronte les grands chamboulements en cours dans notre rapport au vivant.
Il a remporté la version bulgare d’Un dîner presque parfait. Il s’est fait bannir de Grindr. Il a chanté dans les camps de réfugiés ukrainiens en Pologne. Il rémunère des spectateurs pour simuler des actes sexuels sur scène. Malgré ou grâce à ça, un célèbre festival viennois lui a commandé une pièce inédite pour célébrer le bicentenaire du compositeur Johann Strauss. C’est peut-être la réussite première du performeur bulgare Ivo Dimchev : malgré sa véhémence à prouver le contraire, il trouve encore des gens pour le prendre au sérieux. Entretien-punchline dans les bouchons de Sofia.