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Scènes
Un public, deux performeurs, 35 minutes, pas de texte et quelques babioles : Romeo Castellucci pense « petit » mais ratisse large dans cette malicieuse installation performative. Un mini-quizz linguistique, dérisoire ou magistral selon l’humeur, qui synthétise les trucs et astuces d’une légende vivante du théâtre contemporain.
La metteuse en scène redouble d’inventivité pour imaginer un théâtre documentaire amplifié de mythologie. «Transformations Opéra Radio» est un labo de recherche performative qui rend hommage aux femmes ayant participé aux soulèvements du XXe siècle, en dépit de leur invisibilisation.
Dans un spectacle mêlant archives, textes et matière chorégraphique, Julie Botet hybride son vécu d’enfant malade avec l’imagerie des freaks du début du siècle dernier. Une création qui évite le pathos pour célébrer l’anomalie et cultiver le trouble.
L’intimité au XXIe siècle est chose ingrate. Voilà ce que nous chantent les six interprètes de The Alonetimes dans ce récital lyrico-moderne aussi tendre que cruel, signé par les compositeur·ices Jennifer Walshe et Philip Venables.
Des chevaux mécaniques et quelques jetons : il n’en fallait pas plus au duo de performeurs portugo-brésiliens Jonas&Lander pour mettre à mal le tabou autour de l'argent dans les arts vivants. Préparez la monnaie.
Depuis une dizaine d’années, l’artiste transmasculin égypto-finlandais Samira Elagoz déconstruit notre rapport au genre et au désir hétérosexuel. Et tous les moyens sont bons : interroger des hommes rencontrés sur Internet caméra au poing, documenter sa transition de genre en plein confinement, ou sa dernière relation amoureuse en ciné-conférence. Portrait d’un artiste à la croisée des formes et des genres, à découvrir aux Ateliers Berthier à Paris dès ce weekend.
Ses performances mutantes dans l’espace public l’ont fait connaître sur les réseaux sociaux, et le documentaire Queendom sur le circuit des festivals : l’artiste russe Jenna Marvin confronte la pression politique qui pèse sur les existences queer dans sa première exposition française à Transfo Emmaüs Solidarité .
Face au grotesque de l’époque, le festival de performance Les Urbaines – point de ralliement de l’émergence européenne – fait le choix du fou rire cathartique, du burlesque et de la blague corrosive.
Pas besoin de scène ni de gradin pour faire l’expérience de Je suis une montagne, installation performative signée Eric Arnal Burtschy. Dans l’air flottent une soixantaine de transats suspendus à des câbles. Là, allongé et les yeux fermés, le public s’engouffre dans un tunnel de sensations : chaud, froid, vent, vibrations et même une rasade de pluie en fin de parcours. Une bande son accompagne le voyage : des infrabasses, quelques frôlements, jusqu’à un paroxysme de textures synthétiques. Issu de la danse, le metteur en scène en est à sa deuxième création ne requérant aucune présence humaine en plateau – si ce n’est pour assurer la sécurité des participants. Médium artistique du futur ? Simulation environnementale ? Trip psychédélique ? À vous d’en décider – si vous ne craignez pas l’obscurité ni les orages.