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Scènes
« Qui commet le meurtre d’un homme qui se tue ? » Cette question ouvre Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo — une enquête intime, poétique et familiale qui embrasse les blessures de l’histoire européenne. Sur la scène du Théâtre Vidy-Lausanne, Valérie Dréville et Guy Cassiers donnent corps à ce Thésée moderne et nous invitent, nous aussi, à parcourir le labyrinthe de la mémoire. Mouvement vous emmène en coulisses de la création du spectacle.
Vous reprendrez bien un peu de philosophie ? Dans Tout doit disparaître, Stéphanie Aflalo se prépare à la mort de son père. Et la comédienne-dramaturge le fait à sa manière : à coup de rituels décalés ou de citations Yogi Tea. Un solo drôle et ingénieux sur la disparition des proches.
Dans un logement collectif, neuf femmes délivrent leur version des conflits qui ont déchiré l’ancienne URSS. Des témoignages recueillis par Svetlana Alexievitch, Nobel 2015, et qui jaillissent aujourd’hui dans un dispositif théâtral en partie improvisé, signé Julie Deliquet.
Un Tricount litigieux après des vacances entre amis, une divergence sur des goûts musicaux ou sur l’éducation à donner à ses gosses : dans un futur proche régi par l’IA et menacé d’effondrement, deux vieux potes en viennent aux mains pour des motifs futiles lors d’un jeu de ballon aux règles fictives. Serions-nous toujours à deux doigts de la violence dans notre quotidien ? C’est le postulat, en filigrane, de Pas de souci, petit match entre amis dans une salle de sport rétrofuturiste, écrit à trois par les comédiens Solal Bouloudnine, Maxime Mikolajczak et le metteur en scène Olivier Veillon. Un petit shoot satirique des temps modernes, où tous les coups sont permis.
Des images low-tech, des jeux d’ombre, quelques machines et quatre mains : les New-Yorkais Steven Wendt et Phil Soltanoff déploient un monde depuis presque rien dans un spectacle en diptyque. Une économie de moyens qui fait du bien et nous ramène à l’artisanat d’un spectacle vivant fabriqué sous nos yeux.
S’emparant d’un classique du cinéma allemand – l’homérique Fitzcarraldo de Werner Herzog, datant de 1982 –, le duo de circassiens compose une fresque narrative et dansée qui oppose hubris occidental et luttes sud-américaines sans céder au didactisme.
Révélée au grand public après sa participation à la première saison de Drag Race France (2022), l’artiste drag Soa de Muse a, depuis, fait sa place dans le paysage pop français. Son cabaret, La Bouche, est devenu une référence en la matière. Virginie Despentes l’a castée dans deux de ses pièces. Aujourd’hui, la performeuse met en scène un spectacle itinérant croisant identité noire et histoire du cabaret. Alors ça veut dire quoi, faire du drag en 2026 ? Réponses tranchées d’une des queens de la scène, entre deux anglicismes.
Pourquoi soigner son CV quand on peut faire un seul-en-scène ? Comédienne et activiste transgenre venue d’Inde, Living Smile Vidya déballe son parcours et défait les attentes autour des récits minoritaires dans ce solo bourré de dérision.
Pour la metteuse en scène Maëlle Dequiedt, le grand soir viendra à grand renfort de chant lyrique et de musique improvisée. C’est du moins l’espoir que nourrit Democracy Project, réjouissante mise en forme musico-théâtrale de la pensée de l’Américain David Graeber, artisan du mouvement Occupy Wall Street.